Mon parcours sportif

Un raid pédestre sous les étoiles : Le Puy-Firminy 2012

 

Il est bientôt minuit et enfin j’y suis.

 

Nous sommes un peu plus de 300 au départ cette année pour cette 43ème édition et déjà la 2ème pour moi.

Pas de pression, je me sens prête …. enfin presque. Je me demande juste comment je vais pouvoir m’alimenter. Mes allergies alimentaires perturbent mon protocole habituel et là je pars dans l’inconnue totale. J’ai décidé de remplir la poche à eau de menthe et de fonctionner avec du sirop toute l’épreuve mais que vais je pouvoir manger ????

Heureusement voilà la 1ère phrase magique du coach « tu peux terminer uniquement avec la boisson sucrée ». Ok je mets ça dans un coin de ma tête pour plus tard.

Le départ est donné, il est temps d’allumer les frontales… Ok j’ai tout installé la batterie dans la poche, la lampe sur la tête… mais là ben pas de lumière… oh oh c’est quand même bête de pas avoir testé dans le gymnase !!!

Me voilà à retirer tout cet attirail pour le caler au fond du sac et récupérer la petite lampe que j’ai toujours en secours. Et comme il fait particulièrement doux j’en profite pour enlever la veste avant de me transformer en chaudière.

Et là quand je repars je suis …. avec les marcheurs !!!!

Surtout ne pas se mettre en mode panique et repartir sur le bon rythme. Ne pas chercher a récupérer le retard cela se fera naturellement au fil des kilomètres, on a le temps… Seulement voilà, j’avance bien, je cours partout quelle que soit la pente, tout semble aller pour le mieux. Alors du coup, je gamberge…. Suis-je reparti trop vite ???

Mais je ne vais pas réfléchir trop longtemps je décide rapidement d’en profiter au maximum tout en étant à l’écoute de mes sensations. Je me transforme rapidement en « pacwoman » et j’arrive dans le chrono prévu au 1er ravitaillement à Malrevers (1h30 – 13ème km). C’est le 1er poinçon sur mon carton de pointage et je compte bien remplir toutes les cases.

Juste un thé chaud sucré et hop je repars : prochaine étape Beaux.

Comme je cours toujours, ben, je continue à en profiter. Je savoure l’instant. J’adore courir la nuit. La magie opère. Je monte tranquillement en repensant aux entrainements dans le col du Benas avec les amies et pour le moment j’amortis les descentes pour éviter la casse. Alors que je double toujours quelques coureurs, je me retrouve souvent avec le même gars. On est presque sur le même tempo, lui un peu plus rapide dans les descentes et moi plus à l’aise dans les montées. On arrive ainsi à Beaux où je retrouve avec plaisir Bertrand. Je suis toujours dans le bon timming (3h40 – 31ème km). Surtout ne pas trainer au ravitaillement. On est au coeur de la nuit et la tentation est grande de s’assoir un instant. Je remplis juste la poche à eau de ma potion magique : sirop sport menthe et eau !!! je m’hydrate particulièrement bien depuis le départ et c’est plutôt bon signe. Bilan a presque mi-course, je me sens toujours aussi bien sauf qu’il faut maintenant gérer une belle inflammation aux mollets (je sais que j’aurais dû refaire mes semelles depuis quelques semaines mais bon…). Et là, 2ème phrase magique du coach, tu amortis et relâches au maximum la foulée.

Je repars avec ce conseil que je teste rapidement, relâchement, relâchement… Je transforme un peu en « rien lâcher … relâcher » ce sera ma devise jusqu’au bout.

J’ai retrouvé le même gars on discute un peu, 17ème participation pour lui. Je vais en profiter sur cette section du parcours. Lors de ma première participation je me suis perdue avant d’arriver à Confolent alors je le garde en ligne de mire il connait le parcours par coeur. Même si je continue à courir au même rythme, j’ai un petit passage à vide… les kilomètres me semblent plus longs… Vivement la mi-course. Et finalement, je suis assez surprise de voir déjà Bertrand. Nous sommes arrivés à Confolent plus rapidement que prévu (5h17 – 45ème km). Je commence à avoir un peu d’avance sur mon plan de route. C’est tout bon on ne sait pas ce que peut réserver la fin de course.

L’étape suivante n’est qu’à 6kms : Monistrol mais oulala le raidillon pour y arriver est conforme à mes souvenirs. J’ai toujours mon compagnon de route et c’est presque 1h qu’il nous faudra pour atteindre le contrôle (6h08 – 52ème km). Il reste 18km à parcourir et si je me bouge le popotin je peux peut être espérer arriver avant 9h. Mon gars est déjà reparti lorsque je quitte le ravitaillement, il doit avoir le même objectif que moi 🙂 .

Prochaine étape, La chapelle d’Aurec. Il fait toujours nuit je suis toute seule sur la route. Sur le papier il y a 7kms mais sur le terrain ça grince alors relâcher et courir dès que possible bref rien lâcher. Je pointe à 7h10 il reste 11kms. Je retrouve mon gars parti plus vite mais qui semble coincer un peu au ravitaillement. Il décide de repartir avec moi direction La Fayette. Le jour se lève et j’enclenche la musique dans les oreilles. C’est au rythme du violon de Lindsey Stirling que je poursuis ma route. Et là, c’est plus le mode « rien lâcher » c’est le mode « rien lâcher – à fond ». Je regarde mon gars et je lui donne la tendance. On sera à Firminy avant 9h. Il me regarde un peu septique, tu crois me dit il ?? non je crois pas …. j’suis sûre alors si tu veux le faire tu suis mais là j’vais plus causer beaucoup. Marcher le plus vite possible, courir dès possible et relâcher à bloc dans les descentes voilà le programme.

Je reviens rapidement sur des coureurs « pacwoman » est de retour jusqu’à La Fayette (8h08 – 65ème km). Milles excuses aux bénévoles qui chaque année préparent de délicieuses crêpes sur ce ravitaillement mais elles me sont désormais interdites et je repars très vite. Il reste 5kms, désormais c’est certain à moins d’un pépin on y sera. Bertrand est venu à ma rencontre et mon gars est toujours là derrière à quelques mètres.

La descente est un pur bonheur, je ne cours pas, je vole. La remontée de la rivière passe malgré tout assez bien et pourtant ça coince un peu partout sur ce passage. Je continue à doubler. La dernière bosse dans Firminy est terrible… Les jambes sont fatiguées mais j’ai toujours à l’esprit mon défi. J’attends désormais la ligne d’arrivée avec impatience et c’est à 8h42 que la bénévole posera le dernier poinçon sur mon carton. J’ai juste envie de pleurer. Ce que je viens de vivre est juste merveilleux. C’est bô de courir tout simplement. On the road again….

Merci à mes amies pour avoir partagé mes séances d’entrainement et m’avoir soutenu jusqu’au bout et un grand Merci à mon coach il est trop fort …

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