Mon parcours sportif

Le Tour des Glaciers de la Vanoise

L’été je profite de la montagne et cette année c’est en Vanoise que j’ai décidé d’aller arpenter les sentiers.lac des vaches

Il y a longtemps que j’en rêvais de ce trail, ce tour sur le GR55 qui au départ de Pralognan la Vanoise me fera passer par le fameux lac des Vaches. J’ai cette image en tête depuis si longtemps. Cela semble si beau et magique à la fois de passer sur ce lac grâce à cet alignement de dalles… Alors quand mon ami Didier lance l’idée il y a quelques semaines, je ne résiste pas et je prends un dossard. Seulement voilà, il y a 3 ans exactement que je n’ai pas fait de course de montagne et là ça ne rigole pas 73kms et 3800m de D+ avec 4 barrières horaires à franchir. Il va falloir s’y préparer sérieusement.

Ma toute première étape sera d’acheter une paire de chaussures adaptées et ranger au placard pour quelques semaines mes petites chaussures légères pour la route (elles vont terriblement me manquer !). Et puis, direction le Vercors elmer-elephantque j’aime tant avec un retour sur une belle épreuve le Pic St Michel. Je retrouve les sentiers, les longues ascensions et le plaisir des paysages. Quant aux descentes (ose en faire) elles sont bien sûr chaotiques et je m’imagine dans la peau d’Elmer. Je souris même à l’idée qu’un randonneur pourrait avoir envie de filmer cela.

entrainement 3 becsNous avons enchaîné de belles sorties en montagne avec Bertrand et les copains du club. J’adore ces moments de partage à l’entrainement. Finalement je reste persuadée qu’une partie de la course se joue à ce moment là. Plus tu prends du plaisir à t’y préparer et plus tu es fort le jour J. C’est ainsi que nous sommes retournés aux Trois Becs au Moucherotte, et bien sûr au Mont Aiguille…

depart

Le temps s’est écoulé si vite que nous nous sommes retrouvés à 3h30 du matin en ce dimanche 5 juillet sans avoir eu le temps de gamberger. Nous partons tous les trois pour des objectifs différents, mes deux compères sont de vrais compétiteurs tandis que moi je me mets en mode grosse randonnée. J’ai une pensée pour mon compagnon de route “muct” (petit souvenir de l’Oisans) et je me place dans le sas de départ, frontale sur la tête, altimètre bien calibré et l’idée que rien ne pourra m’arrêter.

Première étape : Refuge du col de la Vanoise km 8

Première grosse ascension de la journée, et première vraie partie de plaisir. J’ai décidé de partir sans bâton ce qui peut sembler surprenant mais après avoir testé de nombreuses fois à l’entrainement il s’avère que ma vitesse ascensionnelle est plus rapide sans plutôt qu’avec alors pourquoi s’encombrer. C’est donc les mains libres que je pars tranquillement à l’assaut du 1er refuge. Barrière horaire 5h30 et 1100mD+ à gravir. Il ne faut pas trainer mais il ne faut pas non plus se bruler les ailes. Je surveille l’alti et c’est à 750m/heure que je monte tranquillement. La montée est propre et régulière, pas de mauvaise surprise. Je vais bientôt atteindre le lac tant convoité. Et bien sûr pour me laisser un petit goût de reviens y c’est en pleine nuit que je franchirai les dalles du lac !! J’arrive au refuge, il est 5h15.

Deuxième étape : Refuge de l’Arpont km 21

Aucun balisage dans le parc et c’est en suivant les cairns que nous progressons. Un petit passage délicat au “Blockauss” et nous continuons sur un petit sentier en balcon jusqu’à traverser un énorme pierrier sur environ 500m. Très vite je me rends compte qu’il ne m’est pas possible de courir. Ce n’est pas technique mais ma réserve de vitesse est faible et ce petit sentier jonché de pierres me pompe beaucoup d’énergie dès que je mets à courir alors je décide d’adopter le rythme de la grosse randonnée. Je marche en montée, je marche sur le plat et je marche en descente (vite). Bien sûr je me fais doubler par des wagons de coureurs (enfin seulement dans les descentes mais là j’ai l’habitude) et si je veux terminer proprement il faut que je gère. Refuge 7h45 toujours en avance sur la barrière horaire.

Troisième étape : Refuge Plan Sec km 372015-07-05 17.04.52

Deux bonnes grimpettes nous attendent sur ce tronçon. Les paysages sont magnifiques. Beaucoup de torrents, de lacs. Comme je marche j’ai le temps, je profite ! Malgré tout de moins en moins de traileurs me doublent en descente par contre je commence à en doubler quelques uns à la montée. Je discute avec un groupe de bretons un moment. Je suis vraiment en mode décontracté. Et c’est tranquillement que j’arrive à 10h55 pour une barrière horaire fixé à 12h00. Je prends le temps. Nous sommes à mi-course j’ai 1 heure d’avance. Dans ma tête la course commence à Chavière km 50 alors grande prudence. Bien manger et toujours bien boire.

Quatrième étape : ReP1290028fuge de l’Orgère km 46 (dernière barrière horaire 15h !)

Je marche toujours. C’est d’ailleurs assez drôle de constater que je ne vais pas moins vite que les traileurs. Le passage au col du Barbier est interminable. Tu penses y arriver mais non il n’est toujours pas là… Heureusement la petite descente dans le sous-bois ensuite nous fait du bien. Un peu d’ombre et un peu de changement dans le paysage jusque là très minéral. J’arrive au refuge et je pointe à 13h37.

Cinquième étape : Refuge Péclet Polset km 57

C’est annoncé comme LA difficulté du parcours, le col de Chavière. On ne nous a pas menti ! Après une partie bien bien raide à la sortie du refuge, on attaque une longue ascension et pour bien te miner le moral tu vois au loin voire même très loin les coureurs “tout petit” sur le sentier “tout en haut”. Je découpe l’ascension en 4 tronçons et à chaque nouvelle étape je me lance des encouragements. Il faut bien trouver des motivations. Mais finalement ce ne sera pas la montée le plus dur mais la descente (tiens donc ;-)). Je pense très fort à la Muzelle quand tu arrives au sommet et que tu regardes de l’autre côté. Tu te demandes pourquoi ils n’ont pas installé une corde avec une échelle pour t’aider. Bien sûr c’est là que les gars se posent un instant avec les deux CRS qui assurent notre protection. Attention sortez les appareils photos, le spectacle va commencer. Me voilà dans une posture anarchique fesses en arrière, pieds de travers et genoux à l’équerre manque plus que les yeux qui louchent et le cheveu sur la langue pour attaquer cette dernière difficulté de la journée. De toute façon t’as pas le choix ma cocotte faut bien y aller. Pour clore ma prestation, un magnifique névé m’attend pour me mettre sur le derrière les 4 fers en l’air. Je n’avais pas encore bougonné, c’est chose faite !! Une succession de névés jusqu’au refuge qui n’en fini pas d’arriver. Heureusement le paysage est de toute beauté avec cette route tracée par les cairns en granite rose et noir. Enfin le dernier refuge il est 16h17. La jeune femme m’annonce 217ème et 17ème femme. Et là je trouve ça énorme. J’ai marché durant 57kms et malgré tout je suis 217ème sur 430 au départ. Je n’avais pas conscience de mon classement jusque là. Cela n’avait aucune importance. Mais là finalement je me dis qu’il ne reste que la descente et que j’ai peut être la possibilité de courir un peu pour garder ma place.

6ème étape : Pralognan La Vanoise km 732015-07-06 09.18.26

Je repars avec un peu de musique dans les oreilles. Nous sommes sur une large piste, c’est facile à courir. Il reste environ 15kms à parcourir. Mon plan de marche prévoyait un périple en 15h. Du coup j’ai 2 heures pour descendre et respecter mon objectif. Je sais aussi que mon amie Agnès doit me retrouver sur le parcours. Du coup ça me motive et je savoure ces derniers kilo2015-07-05 17.30.37mètres. C’est un vrai bonheur d’apercevoir un grand tee-shirt bleu au loin ;-). Je sais qu’à partir de là, le temps me semblera moins long. Ils seront là postés à plusieurs endroits pour m’encourager. Il est tout juste passé 18h,  je presse le pas et j’arrive bientôt sur Pralognan. Il reste encore quelques centaines de mètres à parcourir avant d’apercevoir l’arche d’arrivée. Je franchis cette ligne en 14h41 avec une immense joie. J’ai réalisé mon rêve. J’ai fait le tour des glaciers de la VanoiseP1290002

Le reste du week-end sera festif et convivial. Nous étions trois au départ, nous serons trois à l’arrivée. Notre initiateur Didier a fait une course magnifique en 12h32. Il est trop fort avec ses intestins en béton. Bertrand se perd dans le chaos de bloc alors en 5ème position. Il termine en roue libre pour profiter des paysages somptueux du parc. Les deux girls sur le Tour de l’Aiguille font une très belle course et ont la chance de voir le lac des vaches de jour ! Il faudra revenir…

Merci Agnès pour ta présence et les chouettes photos.

 

 

 

 

 

 

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